La pénalisation des clients menacent les prostituées

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Deux ans après la mise en application de la loi sur la pénalisation des clients des prostituées, la situation s’est aggravée pour elles, entre perte de revenues et menaces physiques. S’offrir les services d’une prostituée est maintenant un délit grâce à la loi du 13 avril 2016. Les clients de prostituées risquent maintenant une amende de 1500 euros, voire 3 750 euros dans certain cas. Une loi qui a eu un impact financier pour les péripatéticiennes.

Il est 18h30, au métro Strasbourg Saint-Denis, Des femmes se pavanent à moitié dénudées, en porte-jarretelles, portant des talons de 15 centimètres avec un maquillage extravagant. Certaines optent pour des « leggings ». Elles sont connues sous le nom de prostituées de couloir. Elles ont entre 16 et 72 ans. Et pour certaines, depuis que cette loi a été votée, elles reçoivent 45% de client en moins!

« J’ai perdu énormément de clients parce que la loi leur a fait prendre conscience et les a faits culpabiliser. Ils se sont sentis coupables et fautifs de leurs actions. »  constate Anastasia*, 59 ans, au physique très sobre. « Mes clients réguliers viennent souvent, mais ils ont toujours cette appréhension et nous posent toujours la même question: est-ce que d’autres clients se sont déjà fait attraper», rajoute-t-elle.

Confrontées en plus à la concurrence de jeunes prostituées étrangères travaillant dans les couloirs ou les métros, certaines ont donc cassé les tarifs, jusqu’à 10 euros la passe. Alors que chaque année, 1500 prostituées sont arrêtées pour délit de prostitution, certaines accusent le gouvernement de pointer du doigt des délits qui sont moins graves que d’autres.

C’est avec un regard perdu, vêtue de dentelle, assorti d’une mini jupe et des cuissardes noires que Sandra*, une femme âgée au visage d’ange, qui exerce depuis 20 ans, exprime son mécontentement. « Le gouvernement devrait arrêter de s’occuper du cul des citoyens, et devrait s’occuper de choses beaucoup plus importantes et dangereuses pour la société, comme les terroristes », s’emporte-t-elle.

Pour certaines, cela reste « un faux problème avec de fausses questions ». C’est l’un des seuls moyens qui reste, pour elles de gagner leur vie, très vite, et qui reste facile d’accès. « On nous dit qu’on a le choix. NON, on n’a pas le choix, car du travail, il n’y en a pas. »

« L’insécurité n’a jamais été aussi grande » 

C’est l’un des dangers soulevés par ces femmes: l’insécurité. Selon Françoise 72 ans, à la poitrine imposante, lèvres refaites, elle n’a jamais été aussi grande .» Ses clients sont « ceux qui n’ont peur de rien. » Il y a quelques mois, cette prostituée mère au foyer et grand – mère, a vécu une agression à l’arme blanche par l’un de ces clients.  « Les putes sont rabaissées », il reste « les mauvais clients, ceux qui marchandent les prix ou veulent des rapports non protégés »

Cette loi n’empêchera pas les clients de retourner voir d’autres prostituées.

Audrey Legrais

via Société

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